chez ptipois

It's only food, folks!

16 février 2005

Tricotin, avenue de Choisy

Un jour, il y a très longtemps, une maman lapin s'est installée à cet endroit du XIIIe arrondissement afin d'y tricoter des pull-overs pour ses enfants. Elle y tricota donc un pull-over rose pour la petite fille lapin et trois pull-overs rouges pour les trois garçons lapins. Comment, pas bleu ciel ? Non, car la maman lapin désirait transgresser les conventions de son époque. Plus tard, en souvenir de la maman lapin, le restaurant établi à cet emplacement s'appela Tricotin. Cet historique m'a été fourni par Cyprien le Caneton. Et en fait je ne vois pas d'autre explication possible pour l'enseigne de ce restaurant. Vous en voyez une autre ?
Maintenant qu'on a payé son écot à l'histoire, allons à l'essentiel. Aujourd'hui, il faisait à Paris le froid de canard que vous savez, et j'avais la migraine. Et quand j'ai la migraine, je dors toute la matinée. Vers le début de l'après-midi, c'est le pic de migraine, et c'est là que je m'aperçois que ça irait peut-être mieux si je mangeais quelque chose. Il faut que ce soit quelque chose de précis : une denrée antimigraine. Par exemple un bon phó saïgonnais ou des dim sum. Ce n'est pas pour rien que les dim sum sont une nourriture matinale consommée de préférence le week-end, donc une nourriture de lendemain de fête. Et comme il n'est plus l'heure de déjeuner, direction Tricotin où l'on peut se restaurer de 9 heures du matin à 23 heures non-stop. Je crois aussi que Tricotin reste une des meilleures adresses de Paris pour les dim sum. D'ailleurs il suffit d'y passer aux heures de repas : il est en général difficile d'y trouver de la place, c'est bondé. Le week-end, c'est de la folie. Cette grande salle vitrée sur trois côtés, lumineuse mais froide en hiver, jouit d'une popularité méritée pour l'excellence de sa cuisine vietnamienne-cantonaise et la douceur de ses prix. Elle n'est assurément pas célèbre pour son cadre : grande cantine à tables en Formica que se partagent les clients, séparés par des pots de couverts (cuillères, baguettes) et une rangée de flacons : sauce hoisin, sauce de poisson, sauce de soja, purée de chili rouge, vinaigre noir chinois yongchun laogu, sauce Sriracha, saupoudreuses de sel, de sucre et de poivre gris. On voit que l'assaisonnement est pris au sérieux : rien n'y manque.
Nous avons commandé les antimigraineux suivants, tous des dim sum : raviolis aux crevettes et à la ciboule, siu-mai de bœuf à la sauce d'huître, rouleaux de  riz au porc laqué, rouleaux de riz au bœuf, travers de porc aux haricots noirs, rouleaux dorés au jambon et aux crevettes. Ces derniers, que nous n'avions jamais vus ailleurs qu'au Tricotin, m'ont fortement rappelé les saveurs fortes de la cuisine shanghaienne et notamment l'usage du jambon salé. Tout était irréprochable, réconfortant et savoureux. Le thé dont j'ai accompagné mon repas était un wulong tieguanyin, et bien qu'il ne fût pas de premier choix, c'était just what the doctor ordered dans ma situation : chaud, aromatique, légèrement fumé.

Posté par Ptipois à 18:11 - Restaurants et autres lieux de perdition - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • j'y ai déjeuné ce week end, c'est effectivement bondé et les dim sum sont délicieux, ahh les brioches au porc laqué!!!
    merci ptipois pour cette adresse

    Posté par Claire emma, 05 mai 2006 à 22:14
  • Le nom du restaurant Tricotin vient du restaurant "Nouveau Tricotin" de Phnom Penh...

    Posté par Falicon, 30 juin 2005 à 00:47
  • Chic ! De la culture.
    Merci pour cette nouvelle hypothèse qui vient enrichir notre riche corpus de recherche.

    Posté par ptipois, 30 juin 2005 à 01:30

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