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23 juin 2007

After la coqueluche

Ça commence à aller vraiment mieux. J'ai encore une petite quinte certains soirs, il ne faut pas que je rie trop fort et je dois me méfier du chili, mais dans l'ensemble la coqueluche est derrière moi. D'après mon acupuncteur miracle, il faudra encore deux semaines avant que la fatigue me quitte et que je retrouve tout mon souffle, mais enfin on n'en est plus au post du 18 mai.
Pour fêter ça je me suis payé un luxe, enfin un luxe au sens où je l'entends : une balade à travers les Tuileries mouillées (il y a eu quelques grosses averses aujourd'hui) vers 21 heures, quand le soir tombe lentement à travers de gros nuages. Comme j'aime la pluie et que je déteste la chaleur sèche parisienne, je trouve que ce mois de juin 2007 m'a gâtée.

diane_bleue

Un réflex numérique, ça aide à relativiser les autres appareils qui ont pu nous passer entre les mains, et ça ne les annule pas forcément. Pendant vingt ans j'ai utilisé des réflex argentiques avec beaucoup de plaisir, et en 2002 je suis passée au compact numérique — un petit Konica Revio haut comme trois pommes à genoux, mais pourvu d'un capteur exceptionnel et dont j'ai déjà dû parler ici. Plus tard j'ai utilisé un bridge Konica-Minolta et encore plus tard un bridge Lumix capable de faire du format 16 X 9. Tout en essuyant les regards un peu condescendants de certains porteurs de réflex numériques. Maintenant que j'ai sauté le pas et que je me retrouve en possession d'un beau Nikon D80, je redécouvre mes vieux coucous qui semblaient faire grise mine auprès des appareils de pro.
J'ai compris plusieurs choses : 1. Qu'un réflex numérique est de maniement nettement plus compliqué qu'un réflex argentique ; 2. Que ce n'est pas la peine d'essayer d'utiliser mes vieux objectifs Nikon sur le nouveau boîtier : même si ça s'emboîte, les résultats ne sont pas à la hauteur, et l'allongement de focale n'est pas un effet désirable tant qu'on ne part pas en reportage aux 24 Heures du Mans. 3. Qu'il va me falloir du temps pour bien maîtriser cet appareil, et qu'à cet effet un petit stage ou deux ne seraient pas de trop. 4. L'argentique, c'est pas si mal finalement, surtout avec des Micro-Nikkor 55 et 105 macro. Tiens, je vais m'y remettre. 5. Loin de reléguer au grenier les compacts et bridges numériques qui l'ont précédé, ce D80 m'incite au contraire à les redécouvrir et à apprécier leurs qualités. Impossible en effet, avec ce gros machin, de prendre des vues immédiates, instinctives, saturées, brouillées et émouvantes comme je le fais avec un boîtier juste sorti de la poche, le petit Konica qui ne paie pas de mine et qui fait de plus belles photos nocturnes que moult appareils beaucoup plus sophistiqués. Quant au Lumix, eh bien, c'est une très bonne bécane, une optique Leica ce n'est tout de même pas rien, et le format 16 X 9 est génial. Ci-dessus et ci-dessous, deux images qui expliquent pourquoi je ne suis pas près de me débarrasser du petit Konica à deux balles, strictement introuvable aujourd'hui.

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En me baladant vers la limite sud du jardin, le long de la muraille qui le sépare de la voie rapide, mon regard fut attiré par un massif de roses trémières, un peu inhabituel en ce lieu. Les Tuileries, on ne peut rien rêver de plus urbain. C'est un jardin à la française absolument pur, contraint, géométrique. La lumière y est superbe parce que les grandes étendues de sable clair reflètent les ciels. Il y a peu d'endroits à Paris où la splendeur des ciels parisiens soit si visible : c'est parce que ce jardin est plus minéral que végétal. Alors donc les roses trémières : de leur côté, il y avait comme un fouillis vert. Quelque chose qui n'allait pas dans le paysage. Et en effet, j'ai découvert, à ma grande stupeur, un jardin potager enclos, barrière grande ouverte. Il y poussait des tomates et surtout des herbes aromatiques en abondance. Romarin, menthe, thym, sarriette, lavande, et des espèces plus rares comme origan, marjolaine, pimprenelle et même un gros buisson d'hysope. J'ignorais que l'hysope poussât si bien en plein Paris ; sur mon balcon, je n'ai jamais réussi à la faire prospérer. Un verdier, à mon passage, prit son envol et se posa quelques mètres plus loin. Là, entre la voie Georges-Pompidou et la rue de Rivoli, j'avais l'impression de me trouver loin de tout, dans un jardin de la Brie profonde ou du Vexin.
Quittant l'enclos, j'ai repoussé la barrière que j'avais trouvée ouverte, comme si elle n'avait été ouverte que pour moi (ce qui est, bien entendu, une pensée absurde). Quelques pas plus loin, dans la partie civilisé du jardin, sur les pelouses rases et veloutées, une famille de canards dormait debout sous un petit charme, becs enfouis dans les plumes. L'air et le vent portaient une odeur de végétation fraîche et humide. Un merle s'égosillait sur un marronnier. Un grand oiseau traversa le ciel d'un vol lent et lourd, passa quelques mètres au-dessus de moi et alla se poser côté Rivoli. C'était un héron cendré. En plein Paris.

Posté par Ptipois à 01:44 - Paris - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

  • Te revoilà en forme, et quelle belle découverte que
    ce jardin en plein Paris !
    Une question : quelle est la référence exacte de ton
    konica-Revio ? Je sais on ne le trouve plus mais,
    qui sait... avec un peu de chance.
    J'aime bien ton décompte des jours : reste 1778 jours avant le 6 mai 2O12 ....

    Posté par gabriella, 24 juin 2007 à 13:54
  • Konica Digital Revio KD-310Z, 5 millions de pixels. Un petit appareil génial, je te le conseille. Tu peux le trouver d'occasion. N'oublie pas la batterie de rechange !

    Posté par ptipois, 24 juin 2007 à 15:38
  • Merci d'avoir répondu si vite ; j'ai trouvé ce
    konica sur plusieurs sites sur internet, mais le
    KD-31O Z est à 3 millions de pixels et non 5 millions - es-tu sûre de cette capacité ?
    Bonne journée à toi.

    Posté par gabriella, 25 juin 2007 à 09:15
  • En effet j'ai vérifié, c'est 3 millions de pixels. Pour à peu près la même capacité tu peux aussi trouver d'occasion les petits frères, le KD-410Z et le KD-510Z.

    Posté par ptipois, 25 juin 2007 à 09:32
  • un petit compact...

    ... complète à merveille un reflex est ses kilos d'optiques !

    Pour ma part c'est le Leica D-Lux 3 (petite merveille qui shoote en 2/3, 4/3 et 16/9 en RAW et en 10 Mpixels, avec le contrôle sur tous les réglages possibles et une focale qui démarre à 28mm (en équivalence 24x36) qui m'accompagne au quotidien quand le 5D reste à la maison...

    Posté par Christian, 25 juin 2007 à 13:36
  • Je connais, mon bridge Lumix (qui est un appareil génial, on ne le répétera jamais assez) est bâti sur les mêmes principes (optique Leica avec mécanique Panasonic, zoom 12 X excellent, trois formats), la grande différence est qu'il ne shoote pas en RAW.

    Quant au RAW sur le Nikon, Nikon a un format RAW propriétaire qu'aucun logiciel d'image (à part Nikon Capture qui est très prise de chou) ne sait ouvrir. Donc je shoote en JPEG fine et c'est tout aussi bien. J'ai essayé d'ouvrir des RAW Nikon sur Nikon Capture et chaque image prend trois plombes.

    Posté par ptipois, 25 juin 2007 à 15:27

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